Daltonisme : dans le noir, une perception différente de la lumière
Lorsqu’on évoque le daltonisme, il est courant d’imaginer une altération de la perception des couleurs. Mais certains daltoniens rapportent une autre particularité : une meilleure vision dans l’obscurité. Cette impression a intrigué plusieurs chercheurs qui se sont penchés sur la question. Alors, les daltoniens ont-ils vraiment une meilleure vision nocturne, ou est-ce une idée fausse ?
La perception de la lumière et ses mécanismes
La perception des couleurs résulte de la lumière qui frappe la rétine et est ensuite traitée par des cellules spécialisées appelées cônes. Ces cônes permettent de distinguer les couleurs, mais ils nécessitent une lumière suffisante pour fonctionner correctement. À l’inverse, les bâtonnets, également présents dans la rétine, sont sensibles à la luminosité, même faible, mais ne perçoivent pas les couleurs. Le daltonisme touche principalement les cônes, entraînant des difficultés à distinguer certaines couleurs.
Dans un environnement peu lumineux, ce sont les bâtonnets qui prennent le relais. Ainsi, notre vision devient proche du noir et blanc, se fondant davantage sur les variations de lumière que sur les couleurs. C’est dans ce contexte que la question de la vision nocturne des daltoniens prend tout son sens.
Les daltoniens voient-ils mieux dans le noir ?
Les daltoniens semblent avoir une meilleure vision dans des conditions de faible luminosité, notamment dans la pénombre, ce qui peut sembler surprenant. Contrairement à la vision scotopique, qui correspond à la capacité de voir dans une obscurité totale, la vision mésopique permet de percevoir des objets lorsque la lumière est faible, comme au crépuscule ou sous un ciel étoilé. Ce phénomène est lié à la façon dont les daltoniens perçoivent la lumière. En effet, le daltonisme affecte principalement les cônes, les cellules rétiniennes responsables de la perception des couleurs et de la vision en pleine lumière. Ces cônes étant moins fonctionnels chez les daltoniens, leur perception des couleurs est altérée, mais ils dépendent davantage des bâtonnets, qui sont sensibles à la lumière faible. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi les daltoniens semblent avoir une meilleure vision de nuit, dans des conditions où la lumière est faible, car les bâtonnets prennent alors le relais. De plus, une hypothèse avancée par certaines études est que le cerveau des daltoniens pourrait être plus sensible aux variations subtiles de lumière, ce qui leur permet de mieux distinguer les nuances de luminosité.
En somme, bien que les recherches sur la vision nocturne des daltoniens ne donnent pas de conclusion définitive, il semble qu’ils aient effectivement une meilleure capacité à percevoir dans la pénombre. Si cela ne se traduit pas par une vision améliorée dans l’obscurité totale, de nombreuses personnes daltoniennes constatent qu’elles distinguent mieux les nuances de lumière dans des environnements faiblement éclairés.
Si vous êtes daltonien et souhaitez mieux comprendre votre vision, ou si vous avez des doutes sur votre capacité visuelle, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un opticien ATOL pour un bilan complet.