Pourquoi les premiers aviateurs portaient-ils des lunettes spécifiques ?
Derrière leur esthétique devenue iconique, les lunettes aviateur ont d’abord été conçues pour répondre au besoin vital de protéger les yeux des pilotes dans des conditions extrêmes.
Bien avant de devenir un accessoire de mode prisé, les lunettes des aviateurs ont été un outil de survie. Car, dans les débuts de l’aviation, voler impliquait de braver la lumière, le vent, le froid et les débris.
Tout commence au début du XXe siècle, à une époque où les voitures n’ont pas encore de pare-brise et où les avions volent à ciel ouvert. En 1907, la société American Optical (AO) conçoit des lunettes de conduite spécialement pensées pour les automobilistes confrontés à la poussière, aux insectes et aux rayons du soleil. Ces modèles, destinés à protéger les conducteurs, vont rapidement inspirer les premières lunettes de vol.
Avec l’essor de l’aviation, les pilotes éprouvent rapidement le besoin de protéger leur vue. Le soleil éblouissant, les vents glacés et les projections peuvent altérer leur vision, mettant leur sécurité, et celle de leurs passagers, en péril. En 1930, la légende de l’aviation Jimmy Doolittle réalise un vol transcontinental avec des lunettes de vol AO, soulignant leur importance dans la performance aérienne. Ce besoin est officialisé en 1935, lorsque l’armée américaine confie à AO la mission de concevoir des lunettes spécifiquement pour ses aviateurs. C’est ainsi que le modèle D-1 est né.
La montée en puissance des lunettes aviateur
Dès 1920, Bausch & Lomb développe également des lunettes de vol, à la demande de l’aviation militaire. Leurs verres teintés de vert, de grande taille, en forme de goutte d’eau, offrent une protection optimale, tout en conservant une bonne perception des couleurs, indispensable pour distinguer les instruments de bord. Ces lunettes, rebaptisées plus tard Ray-Ban ("bannir les rayons du soleil"), deviennent rapidement incontournables.
Dans les années 1930, leur usage se généralise dans l’armée américaine. Les branches à baïonnette permettent de glisser les lunettes sous un casque sans gêner le pilote. Le choix des verres est également crucial, car ils doivent filtrer efficacement les UV tout en réduisant la fatigue visuelle et l’éblouissement.
De nos jours, les verres en polycarbonate, plus résistants aux chocs et ultralégers, sont souvent privilégiés. Le CR-39® et le verre couronne offrent d’excellentes qualités optiques, chacun avec ses avantages. En revanche, les verres polarisés, très utiles dans d’autres contextes, sont déconseillés en aviation. Ils peuvent gêner la lecture des instruments de bord dotés d’écrans LCD ou de filtres antireflet.
De l’uniforme militaire à l’icône de mode
Aujourd’hui encore, les lunettes aviateur restent une référence dans les cockpits. Leur design n’a presque pas changé, preuve de son efficacité, mais elles ont aussi conquis la rue, les podiums et les écrans. Derrière ce mythe visuel se cache une réalité technique, historique et scientifique. Celle d’un accessoire conçu pour protéger l’un des sens les plus précieux de l’être humain, dans l’un des environnements les plus exigeants.
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