Les verres autonettoyants : science-fiction ou future réalité ?
Les verres autonettoyants fascinent par leur promesse : des lunettes qui restent toujours propres… et sans effort ? Si certaines solutions existent déjà sous forme de traitements hydrophobes ou photo-catalytiques, la technologie évolue rapidement. Zoom sur une innovation en marche, entre avancées scientifiques et applications concrètes.
L’effet lotus : une technologie déjà accessible
À l’origine du concept de verres autonettoyants, on retrouve l’effet lotus, un phénomène naturel observé sur certaines plantes, comme le lotus ou le roseau. Leurs feuilles possèdent une surface recouverte de microstructures qui empêchent l’adhérence de l’eau et des particules. En glissant, l’eau entraîne les salissures avec elle.
Ce principe a été transposé dans l’univers optique grâce à des traitements hydrophobes et oléophobes. Ces revêtements sont aujourd’hui disponibles sur les verres de lunettes haut de gamme. Ils facilitent le nettoyage, réduisent les traces de doigts, limitent la formation de buée et améliorent la netteté de la vision. Toutefois, ils ne constituent pas un véritable système autonettoyant, mais plutôt une amélioration du confort visuel et de l’entretien.
Le rôle des nanotechnologies et de la photocatalyse
Les nanotechnologies ouvrent la voie à une nouvelle génération de verres. Parmi les pistes explorées, la plus prometteuse repose sur les couches photo-catalytiques à base de dioxyde de titane (TiO₂). Ce composé, activé par les rayons ultraviolets (UV), déclenche une réaction chimique qui décompose les substances organiques déposées sur la surface du verre, comme les résidus de peau, de graisse ou de pollution.
Utilisée dans le bâtiment (sur des vitrages autonettoyants), cette technologie est encore à l’étude pour les verres de lunettes, car les contraintes mécaniques (frottement, courbure, poids) sont beaucoup plus élevées. D’autres matériaux, comme le zinc ou le tungstène, sont testés pour améliorer l’efficacité de ces procédés tout en réduisant leur coût.
Une autre piste : les matériaux actifs et réactifs
Les chercheurs se penchent également sur les verres électrochromiques et thermochromiques. Ces verres changent de propriétés en fonction de la lumière, de la température ou d’un courant électrique. Ils pourraient, à terme, intégrer une fonction de nettoyage intelligent, en chauffant légèrement pour évaporer l’humidité ou en modifiant la tension de surface pour désolidariser les salissures.
Des prototypes expérimentaux ont déjà vu le jour dans le domaine de l’optique ou de l’automobile. Pour les lunettes, le défi reste de miniaturiser ces systèmes, tout en garantissant légèreté, transparence, solidité et sécurité pour les porteurs.
Une réalité encore en développement
Pour l’instant, les verres véritablement autonettoyants ne sont donc pas encore disponibles sur le marché optique grand public. Les obstacles technologiques (coût, robustesse, intégration dans les montures) sont en passe d’être levés, mais les délais de commercialisation restent à l’échelle de quelques années.
Cependant, les traitements de surface actuellement proposés par les opticiens représentent déjà une avancée considérable. Ils améliorent la résistance aux salissures, la clarté de la vision et la durabilité des verres. Ce qui a pour effet de réduire aussi les micro-rayures.
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