La névrite optique chez les enfants et les adultes
Souvent brutale, la névrite optique provoque une perte de vision partielle ou totale, accompagnée de douleurs. Cette inflammation du nerf optique touche aussi bien les adultes que les enfants. Une prise en charge rapide permet toutefois d’en limiter les séquelles.
Qu’est-ce que la névrite optique ?
>La névrite optique désigne une inflammation aiguë du nerf optique, responsable du transport des signaux visuels depuis la rétine jusqu’au cerveau. Ce nerf, essentiel à la vision, est alors partiellement ou totalement perturbé, entraînant une baisse soudaine de la vue.
Cette affection peut être unilatérale ou bilatérale (touchant un seul œil ou les deux yeux), et son apparition est généralement rapide, en quelques heures à quelques jours. Chez les adultes, elle est souvent le signe d’un trouble sous-jacent, notamment neurologique. Chez les enfants, elle peut apparaître isolément, sans pathologie identifiée.
Des signes d’alerte à repérer rapidement
Le symptôme principal est une baisse de l’acuité visuelle, souvent décrite comme une vision floue, grise ou voilée. Cette perte peut concerner tout ou partie du champ visuel. Elle s’accompagne fréquemment de douleurs à l’arrière de l’œil, notamment lors des mouvements du globe oculaire, signe indicatif de l’inflammation du nerf.
D’autres signes peuvent vous alerter :
- une altération de la vision des couleurs, avec une perception délavée ou ternie ;
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- une hypersensibilité à la lumière (photophobie) ;
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- des troubles du contraste et une vision plus sombre d’un œil par rapport à l’autre.
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Chez l’enfant, les signes peuvent être discrets ou mal exprimés. Une attention particulière doit être portée à des comportements inhabituels comme une gêne à l’exposition lumineuse, ou des difficultés scolaires soudaines liées à la lecture.
Des causes et diagnostics distincts selon l’âge
La névrite optique chez l’adulte est fréquemment liée à une maladie auto-immune, notamment la sclérose en plaques (SEP), qui peut se manifester pour la première fois par cet épisode visuel. D’autres origines sont possibles :
- des infections virales (zona, herpès, VIH) ;
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- des pathologies inflammatoires comme la neuromyélite optique (NMO) ou la MOGAD (maladie associée aux anticorps anti-MOG) ;
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- plus rarement, des causes toxiques ou carentielles.
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Chez l’enfant, la névrite optique est souvent post-infectieuse, survenant quelques jours après un épisode viral bénin (grippe, rougeole, varicelle). Elle est fréquemment bilatérale.
Le diagnostic repose sur un faisceau d’examens :
- un bilan ophtalmologique complet incluant l’examen du fond d’œil, la mesure de l’acuité visuelle et des champs visuels ;
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- une IRM cérébrale et orbitaire, à la recherche de lésions inflammatoires du système nerveux central ;
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- parfois une ponction lombaire ou des analyses sérologiques pour préciser l’origine.
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Quel traitement pour la névrite optique ?
Le traitement standard repose sur l’administration de corticoïdes à forte dose, en intraveineuse pendant 3 à 5 jours, suivie d’un relais oral si nécessaire. Ce protocole permet d’accélérer la récupération visuelle, même s’il ne modifie pas toujours le pronostic à long terme. En cas de formes récidivantes ou associées à des maladies auto-immunes (comme la NMO), d’autres traitements peuvent être envisagés : immunosuppresseurs, plasmaphérèses ou injections d’anticorps monoclonaux.
Que ce soit pour l’adulte ou l’enfant, une bonne correction visuelle est indispensable pour compenser d’éventuelles séquelles liées à une névrite optique.